TUTU DIARRA

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Autres graphies rencontrées : Toutou - Baj(o)uru
 
Cet air se joue en SautaEn savoir plus sur l'accordature Sauta..., en Tomora MesengEn savoir plus sur l'accordature Tomora Meseng... ou en HardinoEn savoir plus sur l'accordature Hardino...
 
Guerrier bambara.
Guerrier bambara - Gravure -
 
Les français au Niger; voyages et combats, par le Capitaine Pietri. Ouvrage contenant 28 gravures et une carte par Camille Pietri (1852-1885)
 
source : NYPL (New York Public Librairy) - Schomburg Center for Research in Black Culture / General Research and Reference Division

dot « Tutu Diarra » est le chant éponyme épique dédié au roi bambara de Ségou, Ngolo Diarra dit « Tutu » (« le Serpent ») en bambara. Ce chant est attaché à la ville de Ségou (Mali) ; on peut même considérer que dans la chronologie de l'histoire de l'empire de Segou, ce chant se situe à l'origine de l'épopée de la Geste bambara ; viennent ensuite dans l'ordre chronologique «Duga c'est l'air du Vautour, le symbole du héros épique mandingue ; Duga est un chant très populaire dans les pays de tradition mandingue qui appartient au cycle de la Geste des Chasseurs, depuis le Haute Antiquité, du moins depuis l'organisation des chasseurs en confréries en Afrique de l'Ouest... Lire la suite.Duga » attribué à son petit-fils le roi « Da Monzon », puis «Bakary Djan« Bakary Jan » est le chant éponyme épique dédié au général de Ségou, Bakary Sidiki Dangana Koné dit « Jan » (le Grand) en malinké ou encore « Tièdian » en bambara (le Preux). Ce chant est attaché à la ville de Ségou (Mali), il fait partie du cycle de la Geste del'Empire bambara avec « Duga », « Tutu Diarra », et « Jonkoloni » (Dionkoloni)... Lire la suite. » et «Jonkoloni « Jonkoloni » est un chant épique attaché à la ville de Ségou (Mali), il fait partie du cycle de la Geste bambara de Ségou avec « Duga », « Tutu Diarra » et « Bakary Djan » (Juru nani) avec lequel il forme pour ainsi dire, un diptyque épique... Lire la suite.» (Dionkoloni).

 

dot En 1755, à la mort de Biton Koulibaly, fondateur du royaume de Ségou, une assez longue période d'anarchie déstabilisa le royaume ; « son fils, Dinkoro (1755-1757), un tyran fantasque se fit assassiner. Le même sort fut réservé par les Ton Dyon à son frère, Ali, qui, musulman très dévot, avait entrepris d'interdire les cultes animistes et les boissons alcoolisées. [...] En 1776, enfin, un affranchi de Biton, Ngôlo Diarra qui avait d'ailleurs épousé une fille de son maître, s'empare du pouvoir. »

 

dot Ngôlo Diarra, roi de Ségou de 1176 à 1807, était né sous d'étranges auspices. La légende raconte que sa mère perdait toujours en fausses couches ses enfants ; elle implora l'aide du serpent sacré et fit un pacte avec lui : en échange d'une naissance heureuse et prometteuse, le sepent lui aurait fait promettre de lui donner son nom, Tutu = « le Serpent ». Ce qui arriva. Ngolo Tutu, ayant accédé au trône et remporté maintes victoires (il étendit l'empire bambara du pays Mossi au sud jusqu'à Tombouctou au nord), plus tard prit le surnom honorifique de « Diarra » (Lion, en Bambara).

 
sources : Ki-Zerbo Joseph, Histoire générale de l'Afrique, Hatier, Paris, 1972, page 244
 
«Le griot» (carte postale Mali)

dot Cet chant épique donc, raconte les exploits de l'infatigable Tutu Diarra, mort au retour d'une expédition contre les Mossi à 80 ans (!) et il est très souvent joué dans les pays mandingues, sans doute parce qu'il est construit sur un rythme très connu au Mali, le rythme à 16 temps, lent et majestueux du « Bajuru » (Corde mère). D'ailleurs, très souvent les 2 chants sont confondus par leur thèmes.

 

dot À l'origine, le chant « Tutu Diarra » fut créé au n'goniLe nkoni est un luth de la tradition mandingue classique à 4 cordes à l'origine. C'est l'instrument roi par excellence de la musique classique mandingue... Lire la suite et les accordatures (proches de celles naturelles du n'goniLe nkoni est un luth de la tradition mandingue classique à 4 cordes à l'origine. C'est l'instrument roi par excellence de la musique classique mandingue... Lire la suite) dans lesquelles il doit être interprété à la kora (ou la guitare) témoignent de cette origine.

«Tutu Diarra» reste un chant prestigieux au Manding qui ne doit se jouer, dans le cadre strictement traditionnel, qu'en présence de grands dignitaires ou rois. Certains grands griots, comme Amadu Bansang JobartehAmadu Bansang Jobarteh était un korafolá fort célèbre en Gambie, issu de cette grande famille de griots innovateurs que sont les Diabaté de Gambie et du Mali... Lire la suite. connaissaient plus de 15 façons différentes de le jouer ! C'est aussi un des morceaux les plus complexes à la kora, pour ses multiples variations, que c'est devenu un morceau de bravoure pour les korafoláluUn korafolà est un joueur de kora en Mandinka (qui fait parler la kora) - korafolàlù, au pluriel..

 

dot Interprètes célèbres de « Tutu Diarra » :

 
    Sory Kandia Kouyaté, L'épopée du Mandingue vol.1, (P) Syliphone 1970
    Sidiki Diabaté : Mali : Cordes Anciennes, © 1970 Buda Records
    Batourou Sékou Kouyaté et sa cora Batrou Sekou Kouyaté fut un très grand korafolà du Mali... Lire la suite. © Mali K7 1978
    Alhaji Bai Konte : Kora MelodiesAlhaji Bai Konté fut un korafolá très célèbre en Gambie, à l'instar de Jali Nyama Suso, quoique moins populaire et moins connu à l'étranger. Son héritage n'en demeure pas moins immense car il fut l'initiateur d'un nouveau style de jeu à la kora, en Gambie, le style yeyengo... Lire la suite. : Music from Gambia, West Africa, 1979
    M'Bady Kouyate, Kora et Chant du N'Gabou, vol.1,1997
 
Amadu Bansang JobartehAmadu Bansang Jobarteh était un korafolá fort célèbre en Gambie, issu de cette grande famille de griots innovateurs que sont les Diabaté de Gambie et du Mali... Lire la suite.
 
 

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TUTU DIARRA

Français 

 
 
Others writing forms : Toutou - Bajuru
 
Way of playing and specific tuning : Sauta, Tomora Meseng More about Tomora Meseng scale or Hardino 
 
Guerrier bambara.
Guerrier bambara - Gravure -
 
Les français au Niger; voyages et combats, par le Capitaine Pietri. Ouvrage contenant 28 gravures et une carte par Camille Pietri (1852-1885)
 
source : NYPL (New York Public Librairy) - Schomburg Center for Research in Black Culture / General Research and Reference Division

dot «Tutu Diarra» is the eponymous narrative devoted to a great king of Segou (Mali), Ngolo Diarra alias «Tutu» («the Snake»). That epics is deeply linked to the city of Segou, belonging to the epics cycle of Segou such as the epic songs «DugaDuga is the Song of the Vulture, the symbol of the epic hero in the Manding. Duga is a song very popular in the countries of Manding traditiona and arera that belongs to the cycle of The Epics of the Hunters. It was renewed several times during the history of the Manding and finally remained attached to the city of Segou (Mali)... Read more.», «Bakary Djan« Bakary Jan » is the eponymous narrative devoted to a great general of Segou (Mali), named Bakary Sidiki Dangana Koné alias « Jan » (the Great). That epics is deeply linked to the city of Segou, belonging to the epics cycle of Bamabara Empire of Segou such as the epic songs « Duga », « Tutu Diarra », and « Jonkoloni » (Dionkoloni)... Read more.  (Juru nani)» and «Jonkoloni» (Dionkoloni).

 

dot In 1755, after the death of Biton Koulibaly , founder of the kingdom of Segou, a quite long period of anarchy destabilized the kingdom, « his son , Dinkoro ( 1755-1757 ), a whimsical tyrant has been assassinated. The same fate was reserved by the Ton Dyon to his brother, Ali, (a very devout Muslim) who had decide to ban the animist cults and alcoholic beverages. [...] In 1776 , finally , a freedman of Biton, Ngolo Diarra, who had also married a daughter of his master, seized the power. »

 

dot Ngolo Diarra, king of Segou from 1176 to 1807, was born under strange auspices. The legend tells that his mother for she was always losing in miscarriage her children, implored the help of the sacred serpent , and made a pact with him in exchange for a happy birth and promising, the sepent would have to promise to give his name, Tutu = The «(Mythical) Serpent». What happened. Ngolo Tutu ascended the throne and won many victories (he extended the empire Bambara Mossi south of the country north to Timbuktu), and later held the honorific surname «Diarra»(Lion, in Bambara).

sources : Ki-Zerbo Joseph, Histoire générale de l'Afrique, Hatier, Paris, 1972, p. 244
 

« The griot» (Postal card from Mali)

dot The epic song tells the exploits of the tireless Tutu Diarra, who died returning from an expedition against the Mossi at age of 80 (!). And that song is often performed in Manding countries probably because it is built on a 16 beats rhythm very known in Mali, the slow and majestic «Bajuru» (Mother String). Moreover, very often the two songs are confounded by their theme.

 

dot Originally, the song «Tutu Diarra» was created at the n’goniThe n'koni is a melodic instrument hailing from the Fulani, used since antiquity by that ethnic group. In the beginning, it was made with a single string and was probably created by the shepherds using it for entertainment when they followed the transhumance of their flocks... Read more.  and kora tunings (similar to those of natural n’goniThe n'koni is a melodic instrument hailing from the Fulani, used since antiquity by that ethnic group. In the beginning, it was made with a single string and was probably created by the shepherds using it for entertainment when they followed the transhumance of their flocks... Read more.) under which it should be performed on kora (or guitar) reflects that origin. It's always a prestigious song Manding that should be played traditionally only in presence of dignitaries or royalty. Some great griots like the late  Alhaji Bai KontehAlhaji Bai Konté was a korafolá very famous in Gambia, like Jali Nyama Suso, thus less world popular. His legacy is huge as he had been the creator of a new proeminent kora style and school, the yeyengo style ... Read more. use to know over 15 different ways to play it ! It is also one of the most complex pieces on the kora, with its many variations it has become a showpiece for the korafoláluA korafolá is kora player in mandinka (who is able to make the kora talk) - korafolálu, plural..

 

dot Famous performers of «Tutu Diarra» :

 
    Sory Kandia Kouyaté, L'épopée du Mandingue vol.1, (P) Syliphone 1970
    Sidiki Diabaté : Mali : Cordes Anciennes, © 1970 Buda Records
    Sekou Batourou Kouyaté et sa cora © Mali K7 1978
    Alhaji Bai Konte : Kora Melodies : Music from Gambia, West Africa, 1979
    M'Bady Kouyate, Kora et Chant du N'Gabou, vol.1,1997
 

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