JONKOLONI

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Autres graphies rencontrées : Dionkoloni
 
Type d'interprétation et d'accordature spécifique : sur le n'goniLe nkoni est un luth de la tradition mandingue classique à 4 cordes à l'origine. C'est l'instrument roi par excellence de la musique classique mandingue... Lire la suite
 

dot « Jonkoloni » est un chant épique attaché à la ville de Ségou (Mali), il fait partie du cycle de la Geste bambara de Ségou avec « DugaDuga c'est l'air du Vautour, le symbole du héros épique mandingue ; Duga est un chant très populaire dans les pays de tradition mandingue qui appartient au cycle de la Geste des Chasseurs, depuis le Haute Antiquité, du moins depuis l'organisation des chasseurs en confréries en Afrique de l'Ouest... Lire la suite. », « Tutu Diarra « Tutu Diarra » est le chant éponyme épique dédié au roi bamabara de Ségou, Ngolo Diarra dit « Tutu » (le Serpent) en bambara. Ce chant est attaché à la ville de Ségou (Mali)... Lire la suite » et « Bakary Djan« Bakary Jan » est le chant éponyme épique dédié au général de Ségou, Bakary Sidiki Dangana Koné dit « Jan » (le Grand) en malinké ou encore « Tièdian » en bambara (le Preux). Ce chant est attaché à la ville de Ségou (Mali), il fait partie du cycle de la Geste del'Empire bambara avec « Duga », « Tutu Diarra », et « Jonkoloni » (Dionkoloni)... Lire la suite. » (Juru nani) avec lequel il forme pour ainsi dire, un diptyque épique. Autant « Bakary Djan« Bakary Jan » est le chant éponyme épique dédié au général de Ségou, Bakary Sidiki Dangana Koné dit « Jan » (le Grand) en malinké ou encore « Tièdian » en bambara (le Preux). Ce chant est attaché à la ville de Ségou (Mali), il fait partie du cycle de la Geste del'Empire bambara avec « Duga », « Tutu Diarra », et « Jonkoloni » (Dionkoloni)... Lire la suite. » est le récit d'une victoire, autant « Jonkoloni » est celui d'une défaite.

 

dot Jonkoloni était une citadelle, située à 200 kms de Ségou. Aujourd'hui, ce plus qu'un village.

Fondée au XVIII° siècle par une autre branche des Koulibaly - fondateurs de Ségou et de son royaume, Jonkoloni était dirigée, au moment de l'épopée, par Dioba Koulibaly (Tièkoraba Koulibaly), fils de Mahéri Koulibaly (mais Bassekou KouyatéL'héritage est la meilleure source de l'inspiration. Et Bassékou Kouyaté s'est abreuvé à de limpides sources. Né en 1966 à Garana (Tamani, préfecture de Baréouli), son père, Moustapha Kouyaté, était sans doute le plus grand joueur de n'goni de la contrée... Lire la suite.  dans le livret de Segu Blue dit que c'était Ngilindi Ngolondo) ; la forteresse aussi était défendue par sept preux dont la Geste énumère, comme au début de l'Iliade le catalogue des preux, les surnoms «horrificques» de guerre ; c'étaient :

 

- Jonkoloni Joba (Dioba, « le Grand Preux de Jonkoloni » en Bambara),

- Kabakungolo Blèn (« Tête de Pierre Rouge »),

- Samatula Sama Kélèn (« Éléphant plus fort que les autres »)

- Tièkalatu Mishibani (« Héros en Bois dont on fait les cordes les plus solides »),

- Kolondiugudiyri (« Poutre du mauvais Puits »),

- Ntourani Fariman (« Taurillon enragé »),

- Nkilindè Nkolondon (Ngilindi Ngolondo, « Unique Boiteux méchant »).

 

dot En face, le royaume de Ségou, « encore en phase expansive », était bien décidé à annexer cette cité récalcitrante au versement de l'impôt ; mais il se heurta à une résistance acharnée et la guerre commencée sous le règne de Monzon Diarra se poursuivit sous celui de son fils Da Diarra, dit « Da Monzon » (1807-1827). Da Monzon leva « sa main de guerre » (*) , fit un siège acharné durant «sept saisons sèches»(**) et malgré le recours à la sorcellerie - épisode du chat rouge - (***), ne put prendre le bastion. On ne sait s'il mourut au cours de cette vaine guerre, mais toujours est-il qu'à sa mort, Jonkoloni n'appartenait toujours pas à Ségou. Finalement, un guerrier nommé Silamakhan (le petit-fils de Da ou son rival ?) entra dans Jonkoloni, massacra les notables et obtint la victoire finale par sa bravoure.

 

dot Cette épopée est relatée, en détail, par Lilyan Kesteloot et Bassirou Dieng dans Les épopées d'Afrique noire, pp.174-181.

 
sources : Kesteloot Lilyan & Dieng Bassirou dans Les épopées d'Afrique noire [bibliographie]
 

dot Ce chant est un classique du n'goniLe nkoni est un luth de la tradition mandingue classique à 4 cordes à l'origine. C'est l'instrument roi par excellence de la musique classique mandingue... Lire la suite. Un des premiers griots à l'avoir enregistré pour le grand public au Mali fut grand n'konifôlaUn nkonifolá(qui fait parler la kora) est un joueur de n'koni (luth à 4 cordes) nkonifolàlù, au pluriel... En savoir plus. Banzoumana Sissoko (? - 1987) a enregistré une version de Jonkoloni. Son petit-fils n'konifôla, lui aussi, Bassekou KouyatéL'héritage est la meilleure source de l'inspiration. Et Bassékou Kouyaté s'est abreuvé à de limpides sources. Né en 1966 à Garana (Tamani, préfecture de Baréouli), son père, Moustapha Kouyaté, était sans doute le plus grand joueur de n'goni de la contrée... Lire la suite. a enregistré ce morceau en 2007 sur son album Segu Blue, sous le titre. Son interprétation, pleine de vigueur, bien que modernisée, accompagnée par la voix toute en nuances de son épouse, la grande diva malienne Amy Sacko, rend bien cette impression envoûtante ressentie par G. Dumestre qui a recueilli ce récit dans La geste de Ségou auprès du griot Kabine Sissoko : « La prose scandée de l'épopée est le résultat du travail du griot sur la langue. Le récit a un caractère syncopé ... haché ... qui fait que chaque phrase rebondit véritablement sur la précédente et produit cet effet d'envoûtement qui saisit l'auditeur. »

 
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Notes
 
(*) Le récit épique dit «kèlè bolo », c.à.d : un bataillon de 500 hommes [retour au texte]
 
(**) Autrement dit 7 années. Noter l'omniprésence du chiffre 7, chiffre symbolique dans la mythologie bambara et mandingue : 7 est considéré comme parfait car il est la somme de 3, symbole de virilité et de 4, chiffre de la féminité. [retour au texte]
 
(***) L'épidode du chat rouge ; une prédiction disait que Jonkoloni ne serait prise que si un héros parvenait à jeter un chat rouge (figure du Diable ?) au fond de l'immense puits de la citadelle. C'est ce que parvint à faire Silamankan. [retour au texte]
 

dot Interprètes célèbres de «Jonkoloni» :

 
  Banzoumana Sissoko, Musique du Mali : Le Vieux Lion, LP, Editions Ministère Mali
  Bassekou Kouyate, Segu Blue © 2007 - Out Here Records
 

Bassekou KouyatéL'héritage est la meilleure source de l'inspiration. Et Bassékou Kouyaté s'est abreuvé à de limpides sources. Né en 1966 à Garana (Tamani, préfecture de Baréouli), son père, Moustapha Kouyaté, était sans doute le plus grand joueur de n'goni de la contrée... Lire la suite., Jonkoloni - Segu Blue © 2007 - Mis enlinge par curpi1 le 10 juill. 2011. © Youtube.

 
 

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JONKOLONI

 

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Others writing forms : Dionkoloni
 
Way of playing and specific tuning : on n’koni
 

dot « Jonkoloni » is an epic narrative belonging to the epics cycle of Segou such as the epic songs  DugaDuga is the Song of the Vulture, the symbol of the epic hero in the Manding. Duga is a song very popular in the countries of Manding traditiona and arera... Read more., Tutu Diarra and Bakary Djan« Bakary Jan » is the eponymous narrative devoted to a great general of Segou (Mali), named Bakary Sidiki Dangana Koné alias « Jan » (the Great)... Read more.  (Juru nani). Like an epic dyptic with Bakary Djan« Bakary Jan » is the eponymous narrative devoted to a great general of Segou (Mali), named Bakary Sidiki Dangana Koné alias « Jan » (the Great)... Read more. , as well as Bakary Djan« Bakary Jan » is the eponymous narrative devoted to a great general of Segou (Mali), named Bakary Sidiki Dangana Koné alias « Jan » (the Great)... Read more. is the story of a victory, Jonkoloni is an epics about a defeat.

 

dot Jonkoloni was a fortress, far from 200 km to Ségou. Today, it is only a small village.

Founded in XVIII° century by an another part of the Koulibaly noble family - founder of Segou kingdom, Jonkoloni was ruled, at the time of the epics, by Dioba Koulibaly (Tièkoraba Koulibaly), son of Mahéri Koulibaly (although Bassekou KouyateInheritance is the best source of inspiration and Bassekou Kouyate drank to limpid sources. Born in 1966 in Garana (Tamani, prefecture of Baréouli), his father Mustapha Kouyaté was certainly the best n'goni player of the region... Read more. in the booklet of Segu Blue CD says it was Ngilindi Ngolondo) ; the forteress was also defended by seven brave knights and the epics tells their « great » war names, like in Homerus Iliades, the list of the brave Achean knights :

 

- Jonkoloni Joba (Dioba, « the Great Knight of Jonkoloni »),

- Kabakungolo Blèn (« Red-rock Head »),

- Samatula Sama K élèn (« The Strongest Elephant »)

- Tièkalatu Mishibani (« The Hero whom strongest rope are made »),

- Kolondiugudiyri (« Wood Evil Well »),

- Ntourani Fariman (« Furious Bull »),

- Nkilindè Nkolondon (Ngilindi Ngolondo, « Unique Bad Lame man »).

 

dot The Segou kingdom, « still in expansive phase », wanted to seize of that city ; but it had to face to a tough resistance and the war which began under the reign of Monzon Diarra had to be continued by Da Diarra, alias « Da Monzon » (reign 1807-1827). Da Monzon took up « his hand of war » (*), besieged the city for « seven dry seasons »(**) but even though he used spells (the red cat story)(***), he couldn't take the bastion. It is dubious if he died in the Jonkoloni battle, but at last when he died, Jonkoloni still didn't belong to Segou. Finally, a warrior called Silamakhan (the grandson Da or his rival ?) entered in Jonkoloni, killed the ministers, took as his wife the daughter of Dioba and gained the final victory thanks to his bravery.

 

dot The epics is told, in detail, by Lilyan KESTELOOT and Bassirou DIENG in Les épopées d'Afrique noire, pp.pp.174-181.

 
source : KESTELOOT Lilyan & DIENG Bassirou, Les épopées d'Afrique noire [bibliographie]
 

dot The song is a great classic of the n'goni repertoire. The great traditionalist and n'konifôla Banzoumana Sissoko recorded « Jonkoloni ». His grandson, the n'konifôla Bassekou Kouyate recorded that tune on his album Segu Blue, in 2007. His performance, sung by his wife, the great diva Amy Sacko, is very great for it is respectful of the spirit of the tradition of that epics, syncopated and haunting, as G. Dumestre said in La geste de Ségou when he recorded the griot Kabine Sissoko recitating the epics : « The syncopated prose of epics is the result of a stylistic work of the griot on the tongue. The narrative is syncopated... cut ... so every sentence is actually bouncing on the previous one, creating chilling and haunting feelings on the audience. »

 
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Notes
 
(*) The narrative tells «kèlè bolo », i.e. : a batalion of 500 men . [back to text]
 
(**) That is to say, 7 years. Note the importance of number 7, symbol number in the Bambara and Manding mythology : 7 is regarded as a perfect number for it is the sum of 3, symbol of virility and 4, symbolic number of the feminity . [back to text]
 
(***) The red cats story ; a prediction has on it that Jonkoloni would be taken, only if a hero could throw a red cat inside the huge well of the citadel. Silamankan did it.
 

dot Famous performers of Jonkoloni

 
  Banzoumana Sissoko, Musique du Mali : Le Vieux Lion, LP, Editions Ministère Mali
  Bassekou Kouyate, Segu Blue © 2007 - Out Here Records
 

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