JULA JEKERE

 

English 

 
Autres appellations / graphies rencontrées : Dioula - Jula Dekeray - Edhioula Diekere
 
Type d'interprétation et d'accordature spécifique sur la kora :
 
Cet air se joue en SautaEn savoir plus sur l'accordature Sauta... ou en HardinoEn savoir plus sur l'accordature Hardino...
 
Type malinkais du Haut-Niger - Col. FREY, Côte occidentale d'Afrique - vues, scènes, croquis de Jeanniot, Bretennier, Darondeau, Fernando, Nousveaux, Phillipe - 1890 - © Gallica (Bnf)

dot Au XIX° siècle dans la région du Manda (sud-est de la Gambie), Jekereh Bayo dit aussi « Jula Jekereh » était un riche commerçant (« dioula », en malinké). Il eut l'idée extravagante, pour mieux étaler sa richesse, de célébrer la Tabaski (1) dix jours plus tard que la coutume. Il offrit une grande somme d'argent aux rois des alentours pour s'assurer de leur coopération dans la célébration des jours de prières et des fêtes aux autres jours que prévus. Il fit annoncer à ses griots : « Allez dire au Roi du Wouli que Jekereh va prier cette année. » On rapporte qu'il décida de sacrifier pour l'occasion une centaine de moutons, une centaine de bœufs, une centaine de chèvres, une centaine de chevaux et aussi une une centaine de d'hommes (ses esclaves sans doute). Son frère voulut l'en empêcher mais ce fut en vain. Ce dernier alla quérir les griots pour l'empêcher de commettre ce sacrifice monstrueux.

 

dot À la demande de son frère, deux griots - Nyamen Lamin et Nyamen Karunka Susso (les ancêtres de Foday Musa Suso) se rendirent chez Jekereh, la veille de la Tabaski, et tentèrent de persuader Jula Jekereh de laisser ses gens partir. La nuit, après le dîner, ils prirent leurs instruments et entonnèrent ce refrain :

 

« Jula Jekereh, Jula Jekereh,

Tu es le plus puissant, le plus riche de la région.

Demain, c'est ta fête festival.

Par pitié, tue les animaux mais laisse ces gens en vie ! »

 

dot Jula Jekereh dit : « J'aime les paroles des griots. Je vais relâcher ces gens. » Et c'est ainsi que le chant Jula Jekereh entra dans l'histoire.

 
sources : Roderic Knight, commentaires des livret du CD de Foday Musa Suso, CD Jali Kunda : Griots of West Africa and Beyond et CD d'Amadu Bansang Jobarteh, Amadu Bansang JobartehAmadu Bansang Jobarteh était un korafolá fort célèbre en Gambie, issu de cette grande famille de griots innovateurs que sont les Diabaté de Gambie et du Mali... Lire la suite.Music of The World - 1993
 

dot « Jula Jekere » fut créé au n'goniLe nkoni est un luth de la tradition mandingue classique à 4 cordes à l'origine. C'est l'instrument roi par excellence de la musique classique mandingue... Lire la suite, selon Amadu Bansang JobartehAmadu Bansang Jobarteh était un korafolá fort célèbre en Gambie, issu de cette grande famille de griots innovateurs que sont les Diabaté de Gambie et du Mali... Lire la suite., à partir de «JanjonLa légende veut que Janjon ait été le (sur)nom d'un sorcier-chaman aux pouvoirs surnaturels particuliers aux tout premiers temps du Manding... Lire la suite.». Par la suite, il fut adapté à la kora. Effectivement, à l'écoute attentive, on reconnaît le motif principal de «JanjonLa légende veut que Janjon ait été le (sur)nom d'un sorcier-chaman aux pouvoirs surnaturels particuliers aux tout premiers temps du Manding... Lire la suite.» dans ce chant, mais comme il est souvent joué en accordatures hardino ou SautaEn savoir plus sur l'accordature Sauta... alors que «JanjonLa légende veut que Janjon ait été le (sur)nom d'un sorcier-chaman aux pouvoirs surnaturels particuliers aux tout premiers temps du Manding... Lire la suite. » se joue principalement en accordatures Sila BaEn savoir plus sur : l'accordature Silaba ou Tomora MesengEn savoir plus sur l'accordature Tomora Meseng..., on ne perçoit pas d'entrée les similitudes. De plus, le rythme des 2 airs n'est pas du tout le même : «JanjonLa légende veut que Janjon ait été le (sur)nom d'un sorcier-chaman aux pouvoirs surnaturels particuliers aux tout premiers temps du Manding... Lire la suite.» est joué plus lentement. Voyez la video ci-dessous.

 

dot Ce morceau plut beaucoup aux korafoláluUn korafolà est un joueur de kora en Mandinka (qui fait parler la kora) - korafolàlù, au pluriel. qui ont souvent enregistré cette chanson ; mais ceux dont les noms restent attachés à ce chant sont incontestablement Jali Nyama SussoJali Nyama SUSO fut un exceptionnel korafolá qui connut une renommée mondiale dans les années 1970... Lire la suite. et Alhaji Bai KontéAlhaji Bai Konté fut un korafolá très célèbre en Gambie, à l'instar de Jali Nyama Suso, quoique moins populaire et moins connu à l'étranger. Son héritage n'en demeure pas moins immense car il fut l'initiateur d'un nouveau style de jeu à la kora, en Gambie, le style yeyengo... Lire la suite., sans oublier le roi de la kora, Soundioulou CissokhoNé en 1921 à Ziguinchor en Casamance, Kémokho Kandara Bamody Cissokho dit « Soundioulou » Cissokho était le fils du virtuose korafolá, Kimintang Cissokho dit « Bah Djaly », célèbre jéli  du roi Abdou Ndiaye, et de Caroline Da Silva, descendante d'un roi et d'une princesse de Guinée-Bissau... Lire la suite, qui fut l'un des premiers à enregistrer ce chant.

 

dot Interprètes célèbres de “Jula Jekere» :

 
  Soundioulou Cissokho, Le couple royal de la musique traditionnelle africaine à ParisNé en 1921 à Ziguinchor en Casamance, Kémokho Kandara Bamody Cissokho dit « Soundioulou » Cissokho était le fils du virtuose korafolá, Kimintang Cissokho dit « Bah Djaly », célèbre jéli  du roi Abdou Ndiaye, et de Caroline Da Silva, descendante d'un roi et d'une princesse de Guinée-Bissau... Lire la suite., 1970, orig. LP, reissued Cantos / Bellot 2010
  Alhaji Bai Konte : Kora MelodiesAlhaji Bai Konté fut un korafolá très célèbre en Gambie, à l'instar de Jali Nyama Suso, quoique moins populaire et moins connu à l'étranger... Lire la suite. : Music from Gambia, West Africa, 1979
  Jali Nyama Susso, L'art de la KoraJali Nyama SUSO fut un exceptionnel korafolá qui connut une renommée mondiale dans les années 1970... Lire la suite, © Ocora Radio France, 1996
  Amadu Bansang Jobarteh,  TabaraAmadu Bansang Jobarteh était un korafolá fort célèbre en Gambie, issu de cette grande famille de griots innovateurs que sont les Diabaté de Gambie et du Mali... Lire la suite., Music of The World - 1993
  Foday Musa Suso, Foday Musa Suso est un célèbre korafolá, multi-instrumentiste et chanteur originaire de Gambie, de renommée mondiale. Véritable pionnier éclectique pour son temps, toujours en recherche de nouvelles expériences, il fut un des premiers à électrifier sa kora et à se lancer dans l'aventure du jazz... Lire la suite.Kora Music From The Gambia © 1978
 
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Notes
 
(1) Appelée plus communément Aïd el Kabir, c'est la fête musulmane célébrant la fin du Ramadan. Mais dix jours tard, à ce moment-là, coïncidait avec le début de la nouvelle année. D'où le refrain. [retour au texte]
 

Amadu Bansang Jobarteh,  TabaraAmadu Bansang Jobarteh était un korafolá fort célèbre en Gambie, issu de cette grande famille de griots innovateurs que sont les Diabaté de Gambie et du Mali... Lire la suite., Jula Jekere
 

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JULA JEKERE

 

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Others writings : Dioula - Jula Dekeray - Edhioula Diekere
 
Way of playing and specific tuning : Sawta or Hardino
 
Type malinkais du Haut-Niger - Col. FREY, Côte occidentale d'Afrique - vues, scènes, croquis de Jeanniot, Bretennier, Darondeau, Fernando, Nousveaux, Phillipe - 1890 - © Gallica (Bnf)

dot In XIX° century, in the Manda area (Gambia), Jekereh Bayo nicknamed « Jula Jekere » was a wealthy trader (« jula », trader in Mandenka), who decided, as a flamboyant gesture, to celebrate Tobaski(1) ten days later than usual. He offered large sums of money to the kings of the area to ensure their cooperation in celebrating the prayer day and feast on a different day. He announced to his jèlílua jèlí (plural, jèlílu) is a bard, loremaster, and praise-singer in the Manding areas whose functions are story-telling, speaking about lineages, singing and playing music as he want and hear it... Read more. : « Go tell the mansa of Wuli, Jekere will pray this year. » It was reported that, to celebrate the end of Ramadan, he would sacrifice over one hundred sheep, one hundred cows, one hundred goats, and one hundred horses. And as an extravagant gesture, he said he would sacrifice also one hundred men (may be slaves). His brother tried to stop him, but was unsuccessful in his plea, so he went to the Griots for their help.

 

dot At the brother's urging, two jèlílua jèlí (plural, jèlílu) is a bard, loremaster, and praise-singer in the Manding areas whose functions are story-telling, speaking about lineages, singing and playing music as he want and hear it... Read more. - Nyamen Lamin and Nyamen Karunka (ancestors of Foday Musa Suso) - went to Jekereh's house and tried to convince Jula Jekereh to let the people go. At night after dinner they took their instruments, and began to play this song :

 

« Jula Jekereh, Jula Jekereh,
You are the greatest, richest person in this area.
Tomorrow is your festival.
Please kill the animals, but let the people go. »

 

dot Jula Jekereh said, « I like what the jèlílua jèlí (plural, jèlílu) is a bard, loremaster, and praise-singer in the Manding areas whose functions are story-telling, speaking about lineages, singing and playing music as he want and hear it... Read more.  are saying. I will release the human beings. » And this became Jula Jekereh's song.

 

dot « Jula Jekere » was, according to Amadu Bansang JobartehAmadu Bansang Jobarteh (1915, Tambasan Sang - 8 April 2001, Bansang, Gambia) was a famous korafolá in his country (Gambia), hailing from the great jèlílu family of the Diabate from Gambia and Mali... Read more., derived from an older piece called JanjonbaLegends tell that «Janjon» was (nick?) name of a sorcerer chaman like with great surnatural powers in the very early times of the Manding... Read more.. And it was played, in the beginning, on the n'koniThe n'koni is a melodic instrument hailing from the Fulani, used since antiquity by that ethnic group. In the beginning, it was made with a single string and was probably created by the shepherds using it for entertainment when they followed the transhumance of their flocks... Read more.. Then, it has been adapted to kora.

 
sources : Roderic Knight and booklet notes of Foday Musa Suso, CD Jali Kunda : Griots of West Africa and Beyond and Amadu Bansang Jobarteh, Tabara, Music of The World - 1993


dot There are numerous recordings of that song by many korafoláluA kora player is called korafolá (who is able to make the kora talk) - korafolálu, plural.  who loved it, but the ones whose names are attached to it are Jali Nyama SussoJali Nyama Suso was a very great korafolá who has been world wide famous in the 1970s... Read more. and Alhaj Bai KontehAlhaji Bai Konté was a korafolá very famous in Gambia, like Jali Nyama Suso, thus less world popular. His legacy is huge for he had been the creator of a new proeminent kora style and school, the yeyengo style ... Read more., but the king of the kora, Soundioulou CissokhoBorn in 1921 in Ziguinchor in Casamance, Kémokho Kandara Bamody Cissokho known as Soundioulou Cissokho is the son of the famous korafolá, Kimintang Cissokho alias Bah Djaly, jèlí of the king Abdou N'Diaye, and of Caroline Da Silva, daughter of a king and of a princess of Guinea Bissau... Read more., should not be omitted in that list, for he had been one of the first korafoláluA kora player is called korafolá (who is able to make the kora talk) - korafolálu, plural.  to record that song.

 
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Notes
 
(1) Also called Aïd El Kabir, the Tobaski is the Muslim feast celebrating the end of Ramadan. [back to text]
 

dot Famous performers of  “Jula Jekere» :

 
  Alhaji Bai Konte : Kora Melodies : Music from Gambia, West Africa, 1979
  Jali Nyama Susso, L'art de la Kora, © Ocora Radio France, 1996
  Amadu Bansang Jobarteh, Tabara, Music of The World - 1993
  Foday Musa Suso, Kora Music From The Gambia © 1978
 
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