ABDOU NDIAYE

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Autres graphies : Aboudou Ndiaye - Aboudou'diay
 
Type d'interprétation et d'accordature spécifique sur la kora :
 
Cet air se joue en Tomora MesengEn savoir plus sur l'accordature Tomora Meseng... ou en Sila BaEn savoir plus sur : l'accordature Silaba
 

dot Ce chant est dédié à Abdou Ndiaye (± 1850-1925).

Grand chef sénégalais - Alfred Deken - RMN

dot Abdou Ndiaye (à ne pas confondre avec Alboury Ndiaye Bourba, roi du Djolof) était un commerçant musulman, marchand de biens mais se spécialisant vite particulièrement dans la traite d'esclaves, installé initiallement à Bougouli en Moyenne Casamance ; plus tard, engagé comme « regulo » (mercenaire régulier) dans les armées portugaises, il s'en affranchit et devint roitelet de Woï au N'Gabu.

 

dot Protégé du roi Maba (Mansa ?) Jaxu M'Ba dit « Mundjuru M'Balllu », il s'arrogea une large région de contrôle par la force et grâce à son alliance avec les Portugais (Joao Teixera Pinto) de 1894 à 1919 devenant « entrepreneur de guerre » selon les termes de l'historien Pélissier.

Il soumit alors à son autorité bon nombre de tribus locales (Papel, Beafada, Mankaani), les forçant à se convertir.

 

dot Tout le monde s'accordait sur la dureté de son caractère et même une certaine cruauté, si bien que la légende veut que le jour de ses noces, pour prouver sa fermeté, il fit décapiter publiquement ses beaux-parents (j'en ignore la raison). C'est lors de cet épisode, disent les traditionalistes, que les griots composèrent le refrain de son panégyrique suivant : « Abdou Ndiaye, Abdou Ndiaye, Manssa Man nênneh...» : « Abdou Ndiaye, Abdou Ndiaye, tu es un (si) grand roi que l'on doit supplier (pour te calmer)... ».

 

dot Vers 1912, fort d'un millier d'hommes en armes et de son imposante cavalerie, il fit allégeance au Chérif Younouss Haïdara de Casamance, et se proclama Émir de la province du Woï.

 

dot Mais en 1919, les Français, ayant vaincu les Portugais - ses anciens alliés, invoquent la loi de l'abolition de l'esclavage qu'Abdou Ndiaye aurait enfreint à plusieurs reprises et le font prisonnier, alors qu'il rentrait de pélerinage à Touba, après avoir reçu la bénédiction de Cheick Serigne Bamba.

 

Abdou Ndiaye meurt en captivité en 1925 au Cap-Vert.

 
sources : Article de Ibrahima Thioub in Des historiens africains en Afrique. L'histoire d'hier et d'aujourd'hui : logiques du passé et dynamiques actuelles. Paris-Montréal, L'Harmattan, 1998,
 

dot Ce chant fut créé par le virtuose korafoláUn korafolà est un joueur de kora en Mandinka (qui fait parler la kora) - korafolàlù, au pluriel., Bah Kimintang Cissokho dit « Bah Djaly », griot du roi Abdou Ndiaye, père de Soundioulou CissokhoNé en 1921 à Ziguinchor en Casamance, Kémokho Kandara Bamody Cissokho dit « Soundioulou » Cissokho était le fils du virtuose korafolá, Kimintang Cissokho dit « Bah Djaly », célèbre jéli  du roi Abdou Ndiaye, et de Caroline Da Silva, descendante d'un roi et d'une princesse de Guinée-Bissau... Lire la suite.. Par son rythme lent et solennel, le chant « Abdou Ndiaye » contraste avec la majorité des chants de la tradition Manden (plutôt rythmés) et évoque bien la grave pompe dont ce roi souhaitait être entouré.

 

dot Le korafoláUn korafolà est un joueur de kora en Mandinka (qui fait parler la kora) - korafolàlù, au pluriel. de légende, Lalo Keba DrameLalo Keba Dramé, né en Gambie, fut un korafolá très célèbre en son temps, admiré par tous les grands de son monde (même la reine d'Angleterre !... Lire la suite., a enregistré une version célèbre de ce chant.

 

dot Nana Cissokho, le fils de Soundioulou CissokhoNé en 1921 à Ziguinchor en Casamance, Kémokho Kandara Bamody Cissokho dit « Soundioulou » Cissokho était le fils du virtuose korafolá, Kimintang Cissokho dit « Bah Djaly », célèbre jéli  du roi Abdou Ndiaye, et de Caroline Da Silva, descendante d'un roi et d'une princesse de Guinée-Bissau... Lire la suite., a repris ce chant de manière originale, en version afro-beat.

 

dot Interprètes célèbres du chant :

 
  Lalo Keba Drame, Lalo Keba et sa coraLalo Keba Dramé, né en Gambie, fut un korafolá très célèbre en son temps, admiré par tous les grands de son monde (même la reine d'Angleterre !... Lire la suite., 1967, LP
  M'Bady Kouyate, Guinée : Kora et Chant du N'Gabou, vol. 2, 1997
  Nana Cissokho, Doumadioulo, 2010
 

Lalo Keba DrameLalo Keba Dramé, né en Gambie, fut un korafolá très célèbre en son temps, admiré par tous les grands de son monde (même la reine d'Angleterre !... Lire la suite. -  Abdu Ndiaye

 

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ABDOU NDIAYE

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Others writings : Aboudou Ndiaye - Aboudou'diay
 
Way of playing and specific tuning : Sila BaMore about Silaba scale... or Tomora MensengMore about Tomora Meseng scale...
 

dot This song is dedicated to Abdou Ndiaye (1850 ± - 1925).

 
Senegalese great chief - Alfred Deken - RMN

dot Abdou Ndiaye (not to be confused with Alboury Ndiaye Bourba, king of the Djoloff) was a Muslim trader, a trader quickly especially in the slave trade, initially installed at Bougouli in the Middle Casamance ; then, he fought local tribes in the Portuguese army as a « regulo » (regular mercenary) and later became a petty king of the Woy area in N'Gabu.

 

dot Protected by the King Maba (Mansa ?) Jaxu M'Ba said « Mundjuru M'Balllu », he assumed for him a large region controlled by war and thanks to his alliance with the Portuguese (Joao Teixera Pinto) from 1894 to 1919 ; at last, he became « a lord of war » in the terms of Pelissier (French historian) ; he reduced local tribes, forcing them to convert. Everyone agreed on his cruelty ; so legend has on it that the day of his wedding, in order to prove his firmness, he has decapitated his in-laws parents in public. It was at that time, as tell the traditionalists, that the jèlílua jèlí (plural, jèlílu) is a bard, loremaster, and praise-singer in the Manding areas whose functions are story-telling, speaking about lineages, singing and playing music as he want and hear it... Read more. sang the chorus of his praising song : «Abdou Ndiaye, Abdou Ndiaye, Manssa Man nênneh... » : « Abdou Ndiaye, Abdou Ndiaye, you are a great king, everyone should implore you (to cool you down)... ».

 

dot In early twentieth century, near 1912, with an army of thousands soldiers and his imposing cavalry, he made allegiance to the Cherif Younouss Haïdara of Casamance, and claimed himself Emir of the Province of Woy.

 

dot But in 1919, the French allied with Portuguese invoking their law of the abolition of slavery, made prisoner Abdou Ndiaye who repeatedly infringed it, as he went back from pilgrimage from Touba, after he had been blessed by Cheick Serigne Bamba.

 

dot Abdou Ndiaye died in captivity in 1925 in Cap-Vert Island.

 
sources : Ibrahima Thioub's review in Des historiens africains en Afrique. L'histoire d'hier et d'aujourd'hui : logiques du passé et dynamiques actuelles. Paris-Montréal, L'Harmattan, 1998,

dot This song was created by the virtuoso korafolá A korafolá is a kora player in mandinka (who is able to make the kora talk) - korafolálu, plural. , Kimintang Cissokho nicknamed « Bah Djaly », jèlí of the king Abdou Ndiaye and father of Sundiulu CissokhoBorn in 1921 in Ziguinchor in Casamance, Kémokho Kandara Bamody Cissokho known as Soundioulou Cissokho is the son of the famous korafolá, Kimintang Cissokho alias Bah Djaly, jèlí of the king Abdou N'Diaye, and of Caroline Da Silva, daughter of a king and of a princess of Guinea Bissau... Read more..
As you focuse on the solemn rhythmic line, you'll notice that « Abdou Ndiaye » should be quite a special epic tune among all of traditional Manding folksongs ; however, that song is evoking greatly the pump that king loved.

 
  Lalo Keba Drame, Lalo Keba Drame et sa coraLalo Keba Drame, born in Gambia, was a famous korafolá, admired by all the Greatest (even the Queen of England !). He became famous for adaptating to kora the Djembeseng (very dancing rhythm created by djembe druming), creating a revolution in the kora music... Read more., 1967, LP
  M'Bady Kouyate, Guinée : Kora et Chant du N'Gabou, vol. 2, 1997
  Nana Cissokho, Doumadioulo, 2010
 

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