BANI

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Autres graphies rencontrées : Bane- (A) Banide - (A) Banilé - Sanou -Ngaleng Sonko - Magadi
 
Type d'interprétation et d'accordature spécifique sur la kora :
 
Cet air se joue généralement en SautaEn savoir plus sur l'accordature Sauta..., en Sila BaEn savoir plus sur l'accordature Silaba... ou en HardinoEn savoir plus sur l'accordature Hardino...
 
Sarakolle Bakiri en costume de guerre- Illustration de "Voyage dans l'Afrique occidentale, comprenant l'exploration du Sénégal... exécuté en 1843 et 1844..."/ Anne Raffenel, Paris, Arthus Bertrand, 1846 © Bnf - Gallica

dot Ce chant évoque la guerre des Peulhs musulmans contre le royaume païen de N'Kaabu et plus particulièrement le début de cette guerre déclenchée à la fin du XIX° siècle, la « guerre de Manda ». Les causes de cette guerre sont résumées par KESTELOOT Lilyan et DIENG Bassirou dans Les épopées d'Afrique noire :

 

dot En 1865, « le roi du Gabou [Janké Wali] avait envoyé des messagers au village de Manda, où étaient établis des Sarakollés (ou Soninké) qui élevaient des chevaux en grand nombre. Ces Sarakollé étaient installés sur des terres qui leur avaient été cédées par les Peuls du Fouta Djallon. Ils s'étaient convertis et étaient très pieux. Ces «morikunda», villages musulmans, étaient de plus en plus nombreux. Ils voulurent faire prier les messagers du Gabou, qui venaient seulement acheter des chevaux. Les gens du Gabou refusèrent le chapelet, les Sarakollés les tuèrent à l'exception d'un seul, qui rentra à Kansala pour rendre compte au roi. »

 

dot Ce chant est centré sur les figures héroïques du roi Janké Wali et de son général GNalin (Ngaleng) Sonko, général gabunké particulièrement tenace.

 

dot Littéralement, « Bani » signifie : « Le refus ». En effet, le thème récurrent du chant est bien le refus :

- refus initial du chapelet des messagers

- la tenacité de l'infatigable Janké Wali face à l'ennemi et son refus de toute concession préjudiciables à sa tactique.

 

dot En fait, une grande partie du chant constitue, en quelque sorte, l'éloge funèbre de (G') Nalin Sonko, tombé à la bataille de Bérékolon.

 

dot Noter que le chant «Bani» devint si célèbre dans tous les pays mandingues de l'Afrique de l'ouest que les griots casamançais en empruntèrent le thème musical principal pour l'intégrer au folkore sous le titre du chant : «Sanou» - qui devint un chant de louanges.

 

dot Cela vient du fait que l'un des vers du refrain de «Bani» évoque le mot « Sanou », « l'or » en malinké pour évoquer l'incorruptibilité de (G') Nalin Sonko : ainsi disent ces vers :

 

Quand on donne de l'or à des gens, ça les gâte,

Sanou i yé môdo, fé lambè tila,

 
 

Quand on donne de l'argent à des gens, ça les gâte,

Wari i yé môdo, fé lambè tila,

 
 

Ah, tu as toujours refusé !

Ah, i bani lé,

 
 

Ah, Sonko N'Gnali ne se bat pas pour de l'argent !

Sonko N'Gnali, wari a tè kélè la !

 

dot Par extension, ces vers sont souvent cités par les griots quand ils font l'éloge d'une personne intègre.

 

dot En Casamance et au Sénégal, le chant « Sanou » est très apprécié et souvent interprété.

 

dot Au Mali, le chant « Bani » fut renouvelé en l'honneur de Sanunge Guimba Keita, chef de canton de Marambugu, chef traditionnel de Kangaba qui résista héroïquement à la pénétration de Français.

 

dot Notez que ce chant est nommé parfois par les balafolálu (joueurs de balafon) « Magadi » (Makhadi).

 

Texte et traduction des paroles par LNB établis à partir de plusieurs versions :

 
 
Notes :
 
1. Barlaban est une onomatopée exprimant le fracas causé par l'explosion des tirs des (vieux) fusils Brentano utilisé par les guerriers mandigues gabunké ; c'est surtout le surnom que reçut N'Galin Sonko, vainqueur de Manda, où, après un siège qui ne «dura qu'une matinée, Galain Sonko se couvrit de gloire. Il aurait vidé à lui tout seul un baril de poudre, ce qui lui valu le surnom de Barlaban, "videur de baril". » NIANE TAMSIR Djibril, Histoire des Mandingues de l'Ouest - Le royaume du Gabou, p.147 [retour au texte]
 
2. Le Sankolla était la province la plus riche du NGabu dont N'Galin Sonko était le “Kanta Mansa”, c-à-dire le gouverneur et qu'il “pacifia” contre les menées des Peuhls. [retour au texte]
 

Ali Boulo Santo - Bani

 
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Others writings : Bane- (A) Banide - (A) Banilé - Sanou - Ngaleng Sonko - Magadi
 
Way of playing and specific tuning : Sauta, Hardino, or Sila BaMore about Silaba scale 
 

Sarakolle Bakiri dressed for war : Illustration of "Voyage dans l'Afrique occidentale, comprenant l'exploration du Sénégal... exécuté en 1843 et 1844..."/ Anne Raffenel, Paris, Arthus Bertrand, 1846 (Detail) © Bnf - Gallica

dot That song tells about the war leaded by Fula Moslems against the pagan kingdom of N'Kaabu, and more precisely the beginning of this war started at the end of the XIX° century, the so-callled «war of Manda ». The causes of this war are summarized by KESTELOOT Lilyan and DIENG Bassirou, The Epics of black Africa :

 

dot « The king of Gabou [Janke Wali] sent messengers to the village of Manda, where Sarakolle people (or Soninke) has setlled down and they breed up lot of horses. These Sarakolle were established on an area that had been yielded to them by Fulas people from Fouta Djallon. They had been converted to Islam and were very pious. These Moslem villages, « morikunda », were increasingly numerous. So they forced the messengers of Gabou to do prayers in the Moslem way, who came only to buy horses. The messengers of Gabou refused the beads, and they were all killed except only one, who had to go back in Kansala to return account to the king. »

 

dot This song focuses on the heroic figure of king Janke Wali and his general Nalin (Ngaleng) Sonko.

dot Literally, « Bani » means: « the refusal ». Indeed, a recurring topic of the song is «the refusal» :

 

-  refusal of the beads by the messengers from Gabu.

- the tenacity of the untiring king Janke Wali against the enemy and his refusal of any concession that would prejudice his tactics.

dot Exactly, a great part of the song should be read as the funeral praise of (G') Nalin Sonko, Gabunke warchief of king Janke Wali who was quite tough, and had been killed in the battle of Berekolon.

 

dot You should notice that the song « Bani » became so famous in every West Africa Manding countries that the jèlílu from Casamance took up the main musical theme to create for their own the song called « Sanou », a praising song devoted to a family or a jèlía jèlí (plural, jèlílu) is a bard, loremaster, and praise-singer in the Manding areas whose functions are story-telling, speaking about lineages, singing and playing music as he want and hear it... Read more.'s benefactor. Since that time, in Casamance and Senegal, the song « Sanou » is very appreciated and often sung.

 

dot The reason why this title had been chosen is that one verse often quoted in «Bani» song talks about the word «Sanou», meaning «gold» in Mandinka tongue in order to refer about the incorruptibility of (G') Nalin Sonko : it is said so in that verse :

 

Once you have (a lot of) gold, your soul will be spoiled,

Once you have (a lot of), your soul will be spoiled !

Ah, you have always refused !

Sonko refused, he doesn't fight for money !

Sanou i yé mô do fé lambè tila,

Wari i yé mô do fé lambè tila !

Ah, i bani lé,

Sonko ban ni, wari a tè kélè la !

 

dot In Mali, the song «Bani» was renewed in honor of Sanunge Guimba Keita, district chief of Marambugu, traditional chief of Kangaba who resisted heroically to the penetration of the French.

 

dot Note also that the song is called by balafolálu (balafon players) « Magadi » (Makhadi).

 
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