Interview de M. Lansiné Kouyaté, maître de bala

 
Réalisé en mai 2002 au Festival des Musiques du monde de Colombes par LNB
 

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1) Bonjour, Lansiné Kouyaté, comment allez-vous ?

Bien merci.

2) De quel pays et de quelle ville êtes-vous originaire ?

De Kangaba, au Mali.

 

3) Depuis quel âge jouez-vous du balafon ?

Depuis l'âge de 4 ans.

 

4) Comment avez-vous appris à jouer du  balafon ?

Avec mon père, Nankoman Kouyaté.

 

5) Qui fut votre maître ?

Mon père, Nankoman Kouyaté, dans la plus pure tradition de l'apprentissage du balafon malinké.

6) Quel est le premier morceau ou quels sont les premiers morceaux que vous avez commencé d'apprendre à jouer ?

«KelemagniCe chant a pour toile de fond la légendaire rivalité entre les ethnies mandingue et peuhle, rivalité qui fut exacerbée à la fin du XIXe siècle et aboutit à de sanglantes guerres... Lire la suite. » et « Djeli foli ». « Djeli foli », c'est l'air que l'on doit apprendre en premier dans l'initiation classique au balafon.

 

7) Quel âge aviez-vous quand votre maître a considéré que votre initiation était achevée ?

Bon ! En fait, très tôt, j'ai accompagné mon père aux concerts. Eh bien, lorsqu'étant tous les deux sur la scène, j'ai pris de moi-même l'initiative du concert et commencé à jouer tout seul, naturellement, mon père a considéré que mon « initiation » était achevée ! ( rires...)

 

8) Quels sont les airs que vous préférez jouer aujourd'hui ? Pourquoi ?

« Kèmogo Togoma ». C'est l'air que mon grand-père jouait du temps de l'Almamy Samori Touré. Cet air lui a été dédié et est devenu un morceau classique depuis 1945.

9) Fabriquez-vous vous-même vos balafons ?

Oui.

10) Jouez-vous d'un autre instrument que le balafon ?

Oui, de la guitare et un peu de n'koniUn joueur de n'koni (luth à 4 cordes) est appelé nkonifolá(qui fait parler la kora) nkonifolàlù, au pluriel...Cliquer sur le lien pour en savoir plus..

 

11) Ces instruments vous paraissent-ils plus « difficiles » à jouer que le balafon ?

 

Tous les instruments sont « difficiles » ! Cela dépend de soi ; il faut toujours pratiquer, avoir du courage et de grandes qualités d'écoute.

 

12) Comment accordez-vous votre balafon ?

Je peux l'accorder dans un grand nombre de tonalités différentes ! En fait, dès que l'on joue avec des instruments «électrifiés», il faut modifier les tonalités d'origine du balafon...

 

13) Dans quelle gamme jouez-vous ou préférez-vous jouer ?

Mais la gamme ne change pas la manière de jouer ! Un bon musicien doit savoir jouer dans toutes les gammes ! (rires...)

14) Vivez-vous du  balafon uniquement ?

Oui.

 

15) Depuis combien de temps êtes-vous en France ?

Cela va faire 15 ans maintenant.

 

16) Avez-vous vécu dans d'autres pays que la France et combien de temps ?

En Allemagne, 3 mois : j'y ai organisé une «master class» qui a reçu une large participation. Sinon, aux États-Unis et au Japon, lors de tournées.

 

Colombes (mai 2002)

17) Quel est l'accueil réservé au  balafon dans les autres pays que la France ?

En Allemagne, le balafon est assez connu et apprécié. Mais j'aimerai créer de façon plus durable des stages ou «masters classes» pour montrer que les possibilités du balafon sont immenses. J'ai vraiment le désir de transmettre le message, la profondeur du message de cette musique.

 

18) Appartenez-vous ou avez-vous appartenu à un groupe de musiciens ?

À beaucoup ! Les groupes de Salif Keita, - Cheick Tidiane SeckCheick Tidiane Seck est un célèbre compositeur et arrangeur de la musique mandingue traditionnelle. Il a beaucoup contribué à faire connaître cette musique... Lire la suite., Manu Dibango, l'Ensemble Art of Chicago, Carlos Santana, et j'en passe... Pas de limites dans mes rencontres !

19) Merci bien, M. Lansiné Kouyaté !

Merci à toi.

 
 

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